Triste
réalité que celle que vivent les
employés du Casino de Montréal. Depuis trois
mois, la situation perdure et a mis en lock-out des personnes
sérieuses et qui ne demandent qu’à
travailler… Mais pas à n’importe
quelles conditions. La Présidente de la
Confédération des Syndicats Nationaux, Claudette
Carbonneau parle d’absurdité lorsqu’elle
aborde la raison de la mise en lock-out des 190 employés
agents de sécurité. Pour une question
d’horaire, on en est arrivés
là…
Mais qu’entend-on par lock-out ? On signifie en ces termes
une fermeture provisoire d’une entreprise, laquelle est
décidée par l’employeur pour
répondre à un conflit collectif,
généralement une grève.
Manière de faire pression sur les employés
grévistes, ce qui pénalise également
les non-grévistes, qui n’obtiennent plus de
salaire. En d’autres termes, il permet de contrer une
grève de quelques personnes stratégiques qui
bloquent l’entreprise, celles-ci étant
aidées financièrement par les
non-grévistes. Voici la définition du lock-out,
telle qu’elle est donnée.
En ce qui concerne le Casino de Montréal, on ne
s’entend plus sur une question d’horaire de travail
et Loto-
Québec
– société d’Etat -
propriétaire du casino a décidé le
lock-out des agents de sécurité en août
dernier, ceux-ci n’étant pas d’accord
sur la modification de leur horaire de travail. Ce changement se ferait
de façon unilatérale et bouleverserait
complètement la vie familiale de ces employés,
car ils auraient non seulement 48 jours de travail
supplémentaires à faire sur une année,
mais ceci correspondrait à une centaine de
déplacements additionnels à effectuer, en termes
de trajet, ce qui n’est pas négligeable.
Claudette Carbonneau prône pour une négociation
entre représentants de la société des
casinos du Québec, afin de trouver rapidement un compromis
et faire cesser une situation où tout le monde est
pénalisé. Situation surprenante, surtout
qu’il est établi que Loto-Casino ne retirerait
rien d’un tel changement, alors que les agents de
sécurité seraient affectés
à plus d’un titre.
Depuis près de neuf ans, les membres de
l’unité de sécurité de la
société des casinos du
Québec, le CSN, ont un horaire qui jusque
là leur a permis de prétendre
à un certain équilibre familial,
horaire obtenu très difficilement. Ce qu’il faut
savoir, c’est que leur entreprise est ouverte 24 heures sur
24, sans discontinuer pendant 365 jours. Les horaires dont ont
bénéficié les employés du
Casino de Montréal n’avaient jamais
posé aucun souci jusqu’à
présent et cadraient bien avec une vie sociale et familiale
qui leur laissait un peu de temps pour profiter de leur famille. Depuis
août de l’année dernière, le
chaos prend le pas sur une situation qu’on ne peut plus
maîtriser. Les cadres de la société se
sont mis à la sécurité, mais ont du
mal à assurer quelque chose qui ne fait pas partie de leurs
compétences. La conséquence est que de nombreux
joueurs compulsifs inscrits sur la liste des interdits
d’accès font un pied de nez à la
règlementation et ressortent du casino
complètement désorientés,
d’avoir perdu des sommes considérables.
La situation est tendue et les agents de sécurité
en lock-out, postés sur les lignes de piquetage devant le
casino,
ont compté une vingtaine d’interdits de
jeux, qui n’auraient rien à faire dans les murs de
l’établissement, en temps normal.
Loto-Québec s’est élevé
contre ces agents de sécurité au lieu de faire
appliquer ce qui aurait dû être une entrave
à la règlementation du contrôle des
identités.
Le conflit qui oppose la direction et les employés du Casino
de Montréal n’est pas prêt de trouver un
dénouement. Pour l’heure, chacun reste sur ses
positions. Arrivera-t-on à faire travailler les agents de
sécurité sur quatre jours au lieu de trois ?
Pourra-t-on également éviter les licenciements et
mise à temps partiel qu’envisage la
société ? La question est toujours en suspens et
les syndicats se démènent pour trouver un
arrangement. Pour l’heure, trois casinos de
Montréal appartenant à la
société d’Etat, enregistrent un
trimestre intéressant, en termes de chiffre
d’affaires. Certains diront que l’accès
« libre » au casino de Montréal y est
pour quelque chose… surtout en ces temps de crise.